Internationalisation de la foret Amazonienne !?

Superbe réponse du ministre brésilien de l’Education interrogé par des étudiants aux Etats-Unis ...
samedi 25 juin 2011
par  Charles van der Vaeren
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Pendant un débat dans une université aux États-Unis, le ministre brésilien de l’Éducation, M. Cristovao Buarque, fut interrogé sur ce qu’il pensait au sujet de l’internationalisation de l’Amazonie.

Le jeune étudiant américain commença sa question en affirmant qu’il espérait une réponse d’un humaniste et non d’un Brésilien.

Voici la réponse de M. Cristovao Buarque

En effet, en tant que Brésilien, je m’élèverais tout simplement contre l’internationalisation de l’Amazonie. Quelle que soit l’insuffisance de l’attention de nos gouvernements pour ce patrimoine, il est nôtre.

En tant qu’humaniste, conscient du risque de dégradation du milieu ambiant dont souffre l’Amazonie, je peux imaginer que l’Amazonie soit internationalisée, comme du reste tout ce qui a de l’importance pour toute l’humanité.

Si, au nom d’une éthique humaniste, nous devions internationaliser l’Amazonie, alors nous devrions internationaliser les réserves de pétrole du monde entier.

Le pétrole est aussi important pour le bien-être de l’humanité que l’Amazonie l’est pour notre avenir. Et malgré cela, les maîtres des réserves de pétrole se sentent le droit d’augmenter ou de diminuer l’extraction de pétrole, comme d’augmenter ou non son prix.

De la même manière, on devrait internationaliser le capital financier des pays riches. Si l’Amazonie est une réserve pour tous les hommes, elle ne peut être brûlée par la volonté de son propriétaire, ou d’un pays.

Brûler l’Amazonie, c’est aussi grave que le chômage provoqué par les décisions arbitraires des spéculateurs de l’économie globale.

Nous ne pouvons pas laisser les réserves financières brûler des pays entiers pour le bon plaisir de la spéculation.

Avant l’Amazonie, j’aimerai assister à l’internationalisation de tous les grands musées du monde. Le Louvre ne doit pas appartenir à la seule France. Chaque musée du monde est le gardien des plus belles œuvres produites par le génie humain.

On ne peut pas laisser ce patrimoine culturel, au même titre que le patrimoine naturel de l’Amazonie, être manipulé et détruit selon la fantaisie d’un seul propriétaire ou d’un seul pays.

Il y a quelque temps, un millionnaire japonais a décidé d’enterrer avec lui le tableau d’un grand maître. Avant que cela n’arrive, il faudrait internationaliser ce tableau.

Pendant que cette rencontre se déroule, les Nations unies organisent le Forum du Millénaire, mais certains Présidents de pays ont eu des difficultés pour y assister, à cause de difficultés aux frontières des États-Unis. Je crois donc qu’il faudrait que New York, lieu du siège des Nations unies, soit internationalisé. Au moins Manhattan devrait appartenir à toute l’humanité. Comme du reste Paris, Venise, Rome, Londres, Rio de Janeiro, Brasília, Recife, chaque ville avec sa beauté particulière, et son histoire du monde devraient appartenir au monde entier.

Si les États-Unis veulent internationaliser l’Amazonie, à cause du risque que fait courir le fait de la laisser entre les mains des Brésiliens, alors internationalisons aussi tout l’arsenal nucléaire des États-Unis. Ne serait-ce que par ce qu’ils sont capables d’utiliser de telles armes, ce qui provoquerait une destruction mille fois plus vaste que les déplorables incendies des forêts Brésiliennes.

Au cours de leurs débats, les actuels candidats à la Présidence des États-Unis ont soutenu l’idée d’une internationalisation des réserves florestales du monde en échange d’un effacement de la dette.

Commençons donc par utiliser cette dette pour s’assurer que tous les enfants du monde aient la possibilité de manger et d’aller à l’école. Internationalisons les enfants, en les traitant, où qu’ils naissent, comme un patrimoine qui mérite l’attention du monde entier.

Davantage encore que l’Amazonie.

Quand les dirigeants du monde traiteront les enfants pauvres du monde comme un Patrimoine de l’Humanité, ils ne les laisseront pas travailler alors qu’ils devraient aller à l’école ; ils ne les laisseront pas mourir alors qu’ils devraient vivre.

En tant qu’humaniste, j’accepte de défendre l’idée d’une internationalisation du monde. Mais tant que le monde me traitera comme un Brésilien, je lutterai pour que l’Amazonie soit à nous. Et seulement à nous !


Ce texte n’a pas été publié. Aidez-nous à le diffuser. Merci ! Il semble que la presse nord-américaine a refusé de le publier.


Commentaires

Logo de PeterSmith
mardi 13 septembre 2011 à 10h51 - par  PeterSmith

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Logo de Daniel Spoel, FR-17240 Saint Germain du Seudre
mardi 28 juin 2011 à 19h19 - par  Daniel Spoel, FR-17240 Saint Germain du Seudre

Merci pour avoir mis ce texte sur le site

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Une déclaration de l’AFEM à lire et à faire largement connaître !!!

Prix Nobel d’économie à Elinor Orstrom : une bonne nouvelle pour la théorie des biens communs

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Le 12 octobre 2009, les jurés de Stockholm ont attribué le Prix Nobel d’économie à Elinor Orstrom et Oliver Williamson. Leurs travaux, quoique très différents, portent non plus sur la modélisation économique, mais sur le « retour au réel ».

Elinor Orstrom est une auteure majeure de la théorie des Communs. Elle a publié des travaux très importants sur la gestion par les communautés de leurs outils collectifs. Elle a coordonné avec Charlotte Hess un livre séminal "Understanding knowledge as a commons".

Le mouvement pour les Communs s’étend rapidement à l’échelle mondiale, comme le montre l’appel "Pour la récupération des biens communs" issu du dernier Forum social mondial de Belèm en janvier 2009.

Ce prix Nobel est un encouragement à poursuivre à la fois la théorie des biens communs et la pratique du partage ouvert comme modèle d’autogestion pour toute la société.

Le Professeur Hervé Le Crosnier (Université de Caen) a écrit un papier sur cette nomination qui est bien évidemment diffusé sous licence Creative Commons. Celles ou ceux qui souhaitent le reproduire peuvent se référer à la version en ligne, plus facile à copier.

Un livre sur les Communs de la connaissance est en préparation qui devrait paraître en novembre 2009. Vous pouvez en découvrir le sommaire.


NB : lisez aussi ce dossier des ALTERNATIVES ECONOMIQUES sur les deux économistes qui ont reçu le "NOBEL" (en fait, le prix spécial de la BANQUE DE SUEDE donnée en hommage à Alfred Nobel, mais qui n’est pas un prix "NOBEL" stricto sensu.)

Lettre aux électeurs européens.....

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Pour information, prenez connaissance de ce document de la Fondation Robert Schuman.

Initiative d’un partenariat oriental

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La proposition décrite ici d’un partenariat oriental est une information intéressante à retenir !